RASSEMBLEMENT DES RESISTANCES INNOVANTES


Rencontre bruxelloise des résistances innovantes

25 octobre 2007


Rue du Libre Examen numéro 15 à Anderlecht. A trois enjambées du Canal. Un haut portail ouvre sur une cour immense, bordée de bâtiments chargés de marchandises de récupération.

Nous sommes à La Poudrière, « communauté de vie autogérée cherchant à expérimenter une alternative au capitalisme et à l’individualisme, où l’humain redevient priorité ». Logée dans une ancienne brasserie, la communauté a rénové une aile du bâtiment et c’est dans une magnifique salle de réunion que nous tiendrons la réunion bruxelloise RRI ce 25 octobre 2007.


Associations luttant contre les exclusions sociales, contre l’extrême-droite, contre la publicité. Pour une école démocratique, pour une autre gauche, pour les services publics, pour un tourisme alternatif, pour la réinsertion des détenus, pour une stratégie économique alternative. Représentants d’associations culturelles diverses, d’Ecoles de devoirs, de formation, de santé mentale, d’aide aux jeunes, aux femmes à la recherche d’un emploi, aux sans papiers. Ce sont quelque trente associations qui ont répondu à notre invitation, représentant des secteurs très divers.


Dans son introduction, Pierre Galand a rappelé le constat à l’origine du projet : le refus du modèle de notre société et des inégalités qu’elle engendre. Au niveau associatif, les subventions créent un système pervers de segmentation qui met les associations en concurrence. La solidarité est dès lors brisée. Il y a lieu d’organiser la résistance et de recréer des transversalités. Tel est bien l’objectif de notre projet, auquel il faut ajouter celui de toucher un public en recherche d’engagements et de militance, et plus particulièrement les jeunes.


Cette forte demande de la part des jeunes et leur désarroi furent confirmés par plusieurs participants. Les associations ayant contact avec les jeunes sont inquiètes. Les jeunes sont démobilisés, mais prêts à se remobiliser si on les y aide.


Ce qui confirme l’intérêt de notre projet. Confirmé aussi par le discours des associations sur leur instrumentalisation à travers les bailleurs de fonds. Un participant a parlé du « carcan de la subsidiation ». Mais il faut de l’argent pour réaliser des activités et donc les associations continuent à se battre pour avoir des subsides. Il faut rétablir un rapport de force suffisant en faveur du secteur associatif, et à ce niveau-là le projet RRI peut également jouer un rôle positif.


Un « hic » important cependant : le projet s’adresse à des personnes déjà très occupées. Où trouver le temps et l’énergie pour porter une activité supplémentaire ?

Et la question est posée : quel temps vous nous donnez de prendre le temps ? car certaines associations ont besoin de temps pour informer et mobiliser leurs propres réseaux. Et si un peu de temps est octroyé, cette tâche sera intégrée dans leur travail. La réponse des Amis du diplo : oui, il faut prendre le temps. La grande rencontre, nous l’avions programmée pour mai 2008. Nous ne sommes pas prêts. Il nous faut aussi ( !) trouver des financements pour réaliser le projet, et à ce niveau-là, rien de concret n’a encore été fait. Et nous sommes d’accord de prendre le temps d’aller expliquer le projet dans les réseaux s’ils le souhaitent.


Un intervenant souligne que si le projet est pertinent, on doit trouver le temps de le réaliser.

D’autant que nous sommes tous en péril. Et le représentant de RAP d’énoncer que les « anti-pub » risquent d’être un jour taxés de terroristes, et ce jour-là, un réseau de solidarité sera le bienvenu !


Une participante met en garde : il faut se fixer un deadline pour ne pas perdre notre élan. Il faut avancer, prendre des décisions…. Et des risques !


La démarche du projet RRI est claire : notre espace de liberté se rétrécit. Nous ne voulons pas de ce modèle-là défendu par l’état. C’est un travail en commun qui nous renforcera, et on en revient au rapport de force.


Un participant souligne qu’il sera difficile d’expliquer dans sa structure pourquoi il faut le faire : il faut que le projet puisse être visualisé concrètement. Le projet doit être plus concret, fixer des objectifs précis. Mais il faut définir un intérêt commun pour en faire la priorité de tous. Il faut aussi réfléchir à comment assurer la visibilité du projet.


Que faire ensemble ? il y a une profusion d’activités. Nous devons d’abord faire connaissance, monter un outil de connaissance : établir une cartographie des transversalités.

L’ambition est grande, mais il faut faire exister le maillage entre les associations.

Des transversalités existent déjà bien sûr. Un exemple : PAC (Présence et action culturelle) est actif sur divers fronts : la lutte contre l’extrême-droite, l’aide aux sans papiers, le réseau des Jardins solidaires.


Une fois de plus, comme lors des précédentes réunions régionales, l’ensemble des participants confirment l’intérêt du projet.


De leur côté, les Amis du Diplo feront une évaluation globale du projet en décembre et une synthèse sera envoyée à tous nos contacts RRI. Il est certain qu’il y aura une suite et une activité en 2008, mais le lieu et la dimension seront peut-être à revoir.


n.s.



 


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