RASSEMBLEMENT DES RESISTANCES INNOVANTES


Les RRI assiègent l’Arsenal de Namur

Rencontre du 23 novembre 2007.


Situé idéalement au cœur de Namur, l’Arsenal a été bâti en 1692 au bord de la Sambre par Vauban. Tour à tour entrepôt d’armes, écurie pour l’armée et caserne de gendarmerie, il a été acquis en 1977 par les Facultés Notre Dame de la Paix. Entièrement restauré, il est un point de rencontre entre l’université et le monde extérieur. Une magnifique salle de réunion a été aménagée sous la charpente.


Représentant(e)s d’associations soucieuses de droits de l’homme, d’environnement, de la dette du tiers monde, de la situation des gens du voyage, de coopératives pharmaceutiques, de formation par le travail, des droits des travailleurs, de circulation de l’information, de logement décent pour tous,…. ont, par leur présence et leur participation à la réunion, confirmé une nouvelle fois l’intérêt du projet RRI.


Quatrième assemblée régionale RRI, celle de Namur n’a pas démenti les points qui avaient déjà été soulignés précédemment :


- la difficulté d’atteindre les jeunes qui semblent aujourd’hui plus hésitants à se mettre en entreprise

sociale (l’âge moyen des participants ne le contredisait point…) ;

- de plus en plus de gens ressentent un malaise. Comment les relier et leur permettre de s’exprimer ?

- les problèmes d’agenda – déjà très chargés – des personnes auxquelles s’adresse le projet ;

- l’importance de travailleur en réseau, sectoriel bien sûr, mais également intersectoriel ; la question est

également posée de ré-articuler les différents réseaux ; et de tirer les leçons de l’échec de certains

d’entre eux ;

- l’importance de résister à la pensée unique qui sévit de toutes parts, dans les médias, dans les

universités, …

- l’importance de permettre aux « petites » résistances de s’exprimer, et pas seulement aux organisations

plus ou moins importantes ; il faut s’organiser pour donner la parole aux résistances des plus pauvres.

Tout le monde a quelque chose à apporter.

- le rôle de l’Etat : quel rôle voulons-nous voir jouer à l’Etat ? Il a été privatisé. Il faut se le réapproprier

pour qu’il soit au service du plus grand nombre ;

- une question revient très régulièrement : le projet RRI ne fait-il pas double emploi avec le Forum social ?

La réponse apportée par le président des AMD-B : le Forum social rassemble des dynamiques autonomes.

RRI a l’ambition de créer des complémentarités. Le FSM a été un tremplin important pour des

organisations comme le CADTM et Via Campesina. Notre démarche est de réunir des praticiens. Les Amis

du Monde diplo, c’est un terrain ouvert, sans étiquette, qui n’appartient à personne.


Autres thèmes abordés :


1. L’information : le thème a été abordé par les amis du Comité pour l’annulation de la dette du tiers

monde (qui a vivement conseillé de consulter le site d’Indymedia), par le représentant de Télévision du

Monde (projet en fabrication qui regroupe déjà 400 individus), par les animateurs de l’Autre Livre (qui

organisent des conférences et un salon du livre alternatif).

2. Les anciennes résistances (mutuelles, syndicats, coopératives) : il ne faut pas les écarter, que du

contraire. Les coopératives, par exemple. Il existe un espace pour en recréer. Les pharmacies EPC –

Familia, ce sont 95 officines à Bruxelles et en Wallonie. Cette société coopérative ne se contente pas de

résister à la mafia des sociétés pharmaceutiques, c’est aussi une entreprise performante. Ses bénéfices

sont partiellement distribués aux coopérateurs, et partiellement réinvestis dans des projets sociaux

(maison de repos, rénovation de bâtiments en collaboration avec les CPAS).

3. « Comprendre ce qui se passe est déjà résister ». Et ensuite, il faut dénoncer. Luttes Solidarité Travail

dénonce l’utilisation des plus pauvres pour une main d’œuvre à bon marché. Entre autres à travers le

système des titres-services. Il s’agit clairement d’une redistribution vers les mieux nantis. LST a créé

une coopérative dans le secteur bâtiment, unique initiative qui fait de la formation avec des gens issu

de la misère, tout en respectant les conventions collectives. Mouvement de rassemblement des plus

pauvres pour lutter contre la misère et ce qui la produit, LST a mis également en réseau les habitants

permanents des campings et parcs résidentiels.

Un intervenant de l’association Essor (Formation par le travail) traitera le sujet sous l’angle suivant :

« le droit de s’en sortir », et non « le devoir de s’en sortir », ce qui signifie l’absence de sanctions au

cas où on ne s’en sort pas (chasse aux chômeurs,…) ;

4. La décroissance : c’est un thème qui trouve de plus en plus écho et notamment parmi les Amis de la

Terre qui abordent la décroissance économique soutenable dans des petits groupes de discussion (10

personnes). De même au sein d’Interenvironnement qui souligne l’importance de définir un projet, dans

lequel la croissance économique est remise en cause. Un intervenant souligne d’autre part que si l’on

parle beaucoup des problèmes d’environnement aujourd’hui, c’est parce qu’il existe des solutions

alternatives marchandisées. Le système actuel a une forte capacité de récupération.

5. Quant au projet lui-même : il est urgent de le rendre plus concret, de définir des objectifs. Le rendre

concret et dynamique pour attirer les jeunes. Les jeunes se mobilisent encore, mais plutôt sur des

sujets qu’ils choisissent eux-mêmes. Un participant insiste sur l’importance de définir une pensée

positive, donc d’appeler à la mobilisation pour quelque choses et non contre quelque chose. Il faut

certes prendre le temps de se connaître et de se comprendre, mais cet objectif n’est pas suffisant. Il

existe déjà une multitude de lieux de rencontres. Le RRI ne peut pas non plus être un lieu de débat, ni

de revendication. Par contre, se manifester, se montrer ensemble, c’est une valeur ajoutée. Si non, on

passera à la moulinette. Un objectif pourrait être d’arriver à un « décloisonnement fédérateur ».


Et la suite ? Que va-t-il se passer dans les prochaines semaines, les prochains mois ?

Les dates annoncées (mai 2008) pour l’événement RRI ne sont pas réalistes. Le budget est à la hauteur de nos ambitions et nous n’avons pas encore de financement.

D’autre part, il est essentiel de garder le contact avec les lieux de résistance déjà contactés. Et de continuer le travail d’exploration, surtout au niveau des petites initiatives.

Une proposition est mise sur la table : organiser une étape intermédiaire, une assemblée RRI (au niveau Wallonie-Bruxelles) au cours du premier semestre 2008.

L’intérêt d’un outil informatisé est mis en avant.

De son côté, le Conseil d’Administration des Amis du Monde diplomatique Belgique tiendra une réunion d’évaluation du projet à la mi-décembre.



 


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